PCF Savoie

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 Ugitech, FerroPem, des salariés entre résistance et inquiétude 

 
 

A Ugine, l’usine Ugitech est emblématique des activités industrielles en Savoie.

Elle est spécialisée dans les produits longs en aciers inoxydables et en alliages. Son acier est utilisé aussi bien dans l’automobile que dans la construction ou le médical. Mais, à côté d’une production de qualité, l’entreprise est aussi connue pour la gestion autoritaire de sa direction qui, dans son jargon libéral, parle de « rigueur managériale ». Le syndicat CGT n’a pas ces fausses pudeurs et dénonce « une dictature managériale violente ».

Ainsi, le 14 février, la mise à pied d’un employé a déclenché un mouvement de grève. En effet, accusé « d’incompatibilité d’humeur avec sa hiérarchie », un salarié, enlevé de son poste de travail, a été reconduit au portail de l’entreprise « comme un criminel », la direction lui notifiant qu’il était « en mise à pied conservatoire » avant l’entretien de licenciement ! Le directeur des ressources « humaines » est d’un mépris brutal. Il affirme froidement : «Oui, c’est une solution radicale, mais c’est une mesure légale prévue par le code du travail » ! Ce qui en reste, bien sûr.

Le salarié victime de cette répression a 53 ans, est connu pour n’avoir pas de problèmes, après 17 ans d’usine. Evidemment, son moral en a pris un coup. La direction chercherait-elle, en frappant ainsi, à instaurer un climat de crainte et une discipline militaire dans l’usine ? On peut le penser, des démissions et des licenciements ayant déjà eu lieu du fait de l’ambiance et de l’attitude de la direction. La CGT n’entend pas laisser les choses en l’état et demande que l’affaire soit reclassée en licenciement abusif. Elle ira devant les prud’hommes, le syndicat rappelant que depuis 5 ans, tous les licenciés faisant appel aux prud’hommes ont gagné leur procès.

A Château-Feuillet, les Américains sont venus, ont vu, ont emporté l’argent…

L’usine électrométallurgique de Château-Feuillet, FerroPem, a des productions utiles. Son silico-calcium alimente les aciéries, ses alliages rendent la fonte moins cassante, son silicium métallique entre dans la constitution de pièces automobiles (jantes, pistons, culasses), et son silicium entre dans la fabrication des panneaux solaires. Pourtant, depuis plusieurs mois, ses salariés sont au chômage partiel. Certes, le site aurait perdu un important marché. Mais les syndicalistes dénoncent les choix stratégiques discutables de la direction. La situation est aggravée par l’épidémie de coronavirus qui prive FerroPem des terres rares chinoises nécessaires à sa production. La CGT a obtenu que les salaires ne soient pas amputés, mais l’accord va jusqu’à fin juin et la direction est silencieuse. Tous les fours reprendront-ils leur activité ? Tous les emplois seront-ils maintenus ? Ces questions sont sans réponse.

Parmi les causes des difficultés, il y a les pratiques du fonds américain Globe Speciality Metals (devenu pour partie actionnaire de FerroPem), qui fait remonter les bénéfices de ses filiales à la maison mère pour éponger ses dettes, asséchant la trésorerie de Château-Feuillet. Dans le dialecte anglais du moment, on appelle ça du cash polling. Il n’y a donc plus d’argent sur le site, ni pour l’investissement, ni pour les dépenses courantes.

Naturellement, pour expliquer les problèmes de FerroPem, on accuse les Chinois de dumping, ce qui permet d’éluder les responsabilités des directions. Cela amène deux réflexions. Un, il faut dépasser le système mortifère de « la concurrence » dite abusivement « libre et non faussée », pour construire de la coopération et du partage des découvertes, que ce soit avec les Chinois ou avec d’autres, et ce, pour répondre aux besoins des peuples. Deux, si les groupes industriels ne visent que le cash financier, ne faut-il pas envisager la renationalisation de FerroPem ? Il serait intéressant d’en débattre avec les salariés.

 

 

 

 

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